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Depuis quelques jours, je suis assez sollicitée en raison de la pénurie de masques. On me demande d’utiliser ma « notoriété » pour relayer des messages, des conduites à tenir ou pour fabriquer. Tiens tiens, les choses commenceraient-elles déjà à évoluer ? Le nombre d’abonnés/ followers serait-il relégué au second derrière la capacité à fédérer une communauté responsable ?

En son temps, Roselyne Bachelot avait été fortement critiquée pour avoir fait des stocks très importants de masques notamment. Elle avait été très réactive et avait choisi de prendre un maximum de mesures de précautions. Aujourd’hui, des choix différents ont été faits et nous devons faire face à une pénurie de masques. Pour pallier cette situation dramatique, des initiatives citoyennes émergent un peu dans tous les sens et nous n’en mesurons pas la portée à ce jour.

Tout a commencé par la publication d’un tutoriel d’un masque à réaliser soi même. The Good Goods me met alors au défi de montrer que l’on peut réaliser facilement un masque en mode upcycling. Sur le moment, je n’avais pas encore connaissance de cette pénurie de masques. J’ai alors fait des recherches pour comprendre dans quel but on me demandait de réaliser ce DIY. C’est alors que j’ai découvert plusieurs appels de détresse d’établissements hospitaliers comme celui du CHU de Grenoble. Faute de disposer de moyens de protection, ils en étaient rendus à demander au personnel soignant de se confectionner leurs propres masques. J’ai été particulièrement touchée par ces messages. J’ai travaillé comme RRH pendant 6 en structure hospitalière et je sais à quel point les conditions d’exercice de ces professions sont déjà difficiles en temps normal et là ça monte encore d’un cran.

J’ai alors fabriqué un masque avec des chutes de vêtements upcyclés. Mon objectif était surtout de sensibiliser les gens au fait qu’il fallait arrêter d’aller acheter massivement des masques médicaux pour les laisser aux personnels de santé, ou autres professionnels en contact avec du public, qui eux en ont vraiment besoin.  Lorsque l’on n’est pas tenu de se rendre sur son lieu de travail, la meilleure barrière de protection contre le Covid-19 reste le confinement. D’autant qu’une mauvaise utilisation du masque en tissu peut s’avérer contre productive. Je sais que cette période va être très dure à vivre pour le personnel de santé. D’ailleurs, j’espère sincèrement que la reconnaissance pour leur travail se poursuivra après cette crise. C’est bien beau de les applaudir mais qu’en restera-t-il quand tout sera revenu à la normal ? La société prendra-t-elle conscience que leur travail mérite d’être valorisé à la hauteur de leur utilité sociale ?

Le lendemain de la publication sur Instagram de mon DIY, un polémique concernant l’utilité réelle du masque en tissu explose. Je me sens mal à l’aise et me demande alors si j’ai bien fait de relayer ça. J’hésite à laisser mes posts sur Instagram. Je les laisse finalement car mon message sur les conditions d’utilisation sont quand même très claires. Alors que je suis déjà en plein questionnement sur le sujet, je reçois un appel d’un supermarché qui me demande si je pourrais leur fabriquer des masques pour leurs salariés. Mon premier réflexe est d’essayer de les en dissuader en les mettant en garde sur les risques d’une mauvaise utilisation. Je les bombardent de questions sur les mesures d’hygiène qu’ils ont déjà pris. Et oui, 18 ans dans les RH ça ne se s’efface pas comme ça. Ils ont déjà pris beaucoup de mesures mais je sens qu’ils ont l’impression de ne pas en faire assez pour protéger leurs salariés. Je leur demande alors un temps de réflexion. Si du point de vue technique, ça ne me pose aucun problème, niveau éthique c’est un sérieux cas de conscience.  Pendant une demi-journée, je retourne la question dans tous les sens. Je fini ma contacter mes anciennes collègues cadres de structures hospitalières et médico-sociales. Ce qu’il en ressort, c’est que les recommandations concernant le masque en tissu change chaque jour. Au-delà d’une efficacité moindre, ce sont surtout les conditions d’utilisation qui peuvent s’avérer dangereuses.

Je décide de répondre favorablement à la demande du supermarché en leur listant toutes les mesures d’hygiène très strictes à respecter : porter le masque en continue, le changer régulièrement et le laver en respectant un certain protocole, ne pas toucher le masque, ne pas toucher son visage, se laver les mains très régulièrement…  L’environnement de ces salariés n’est pas le même que celui du personnel de santé où les mesures d’éloignement avec les patients sont impossibles. Si la demande avait émanée d’une structure de santé, je n’aurais pas accédé à la demande compte tenu du risque que ça représente.

Alors comment peut-on se rendre utile face aux appels à l’aide qui sont de plus en plus nombreux ?

La première chose à faire est de faire preuve de civisme et de rapporter aux structures de santé les masques que l’on aurait pu acheter. J’ai peu d’espoir que les personnes qui ont carrément volé des masques dans les hôpitaux ou les voitures des Infirmiers les rapportent, car oui nous en sommes là.

Par ailleurs, nous observons une véritable mobilisation de la filière textile. Des entreprises du secteur de l’habillement planchent depuis quelques jours sur des prototypes de masques comme par exemple 1083, Les tissages de Charlieu, Quintessence Marine, Boldoduc, Lemahieu, … Ils sont en attente d’un agrément de la Direction générale de l’armement (DGA).

Certaines d’entre elles auront besoin d’aide pour assurer cette production.

Lemahieu recherche en urgence  des couturier(e)s de la métropole lilloise pour assembler à DOMICILE des masques dont le modèle et les matières ont été VALIDÉS par LE CHU DE LILLE.

Pour vous inscrire :
https://bit.ly/2xebXfW

 

Boldoduc recherche également des bonnes volontés pour assembler des masques dans la région lyonnaise.

Pour vous inscrire, envoyez leur un MP https://www.facebook.com/boldoduc.fr/

 

Compte tenu de l’état de l’industrie textile en France, toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne. Il n’y a pas suffisamment de structures comme celles mentionnées plus haut sur lesquelles s’appuyer. On se retrouve bien désemparer lorsque l’on voudrait se rendre utile mais que l’on n’a pas accès à des matériaux qui ont reçu un agrément.

J’espère sincèrement que l’on tirera toutes les conséquences de cette crise et que l’on prendra la mesure de la nécessité de réindustrialiser en France. La recherche du prix toujours le plus bas a commencé par tuer nos emplois, puis à tuer des personnes à l’autres bout du monde qui travaillent dans des conditions inhumaines et maintenant nous sommes mis en difficultés car nous ne pourront pas certainement produire les quantités de masques nécessaires.

D’autant que cette crise ne sera peut être pas la seule à affronter. Selon les propos de Laurence Tubina, économiste écologique :

« Cette crise sanitaire est très liée à la crise écologie. Elle nous amène à réfléchir à notre surconsommation, à nos dépendances aux marchés internationaux, à l’interpénétration de nos économies. Est-ce qu’au fond, l’extrême poussée de cette mondialisation n’a pas été trop loin ? »

 

Profitons de ce temps de « break » qui nous est imposé pour repenser nos modes de vie!

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10 réponses

  1. Coucou Laurie,
    Super initiative. Je me suis lancée moi aussi avec des chutes de tissu.
    Tu as raison, cette période est difficile et il faut soutenir toutes les personnes qui prennent des risques pour nous.
    Prends soin de toi.
    Bisous

    1. Coucou Nadège, il faut effectivement soutenir les personnes qui prennent des risques mais pas n’importe comment 😉
      Prends soin de toi.
      Bisous

  2. Bravo pour cet article et votre contribution. Déjà j’apprécie ce que vous faites habituellement et là j’applaudis vraiment car vous pensez aux autres même si l’efficacité n’est pas prouvée çà peut déjà protéger un peu.

  3. Il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas…facile de critiquer…
    bravo pour tout ce travail ! j’ai commencé à en coudre aussi en essayant plusieurs modèles ou taille mais je trouve qu’ils ne sont pas très ajustés… on verra bien…

    1. Le sujet n’est pas évident car nous n’avons pas de recul sur tout ça. Il faudra en tirer les conséquences. En attendant, on fait au mieux.

  4. Il est très bien ton texte. Bravo !
    Je comprends ton questionnement.
    Je vois à droite à gauche des gens coudre des masques.
    Je m’étais même inscrite dans un groupe facebook pour subvenir aux besoins des professionnels en relation avec le public ( telles que caissières, pharmaciens…
    Et puis lundi, ma propre sœur m’a envoyé le tuto de Make my lemonade ( qui circule allègrement chez les parents de l’école de ma nièce). Elle était persuadée que ce masque était une vraie barrière au virus.
    Je lui ai expliqué que non mais comme la plupart des gens, je pense, elle ne m’a pas crue puisque tout le monde utilise ce patron.

    Du coup, ça m’a refroidie.
    Je t’avoue que, et c’est peut être lâche et égoïste de ma part, je ne veux pas prendre cette responsabilité de coudre des masques qui ne servent à rien. Je ne veux pas qu’on porte mon masque en se disant que ça y est, je suis sauvé (e) ou ce n’est pas le top, mais c’est mieux que rien !

    Alors c’est bien que tu mettes les choses au clair.
    D’ailleurs, j’apprends par la même occasion qu’ils existent des matériaux qui ont reçu l’agrément, c’est top !
    Bisous

    1. Il y a une grosse mobilisation de la filière textile. Il aura fallut un peu de temps pour que cela s’organise mais c’est normal, ces entreprises ne voulaient pas faire n’importe quoi. Il est donc préférable de répondre aux appels à volontariat de ces entreprises pour ceux qui veulent aider car au moins ils fournissent les matériaux adaptés.
      Mais la chose la plus importante à faire pour que ça s’arrête au plus, c’est encore de rester chez soi lorsque l’on n’est pas tenu de se rendre sur son lieu de travail.
      Des bisous

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